Le conseil de presse, nécessaire ou pas ?

Pour s’assurer du respect de l’éthique et de la déontologie dans les pratiques journalistiques, de nombreux pays se sont dotés d’un « conseil de presse ». De nombreux pays mais pas la France. Une problématique abordée lors d’un atelier ce jeudi 16 Octobre aux Assises.

    L'éthique et la déontologie des journalistes ont été abordées lors de l'atelier. Crédit : Manon David

L’éthique et la déontologie des journalistes ont été abordées lors de l’atelier. Crédit : Manon David

Qu’est-ce qu’un conseil de presse ? C’est une institution d’autorégulation : elle est gérée par les journalistes, les éditeurs et les citoyens. Ils définissent les règles déontologiques et éthiques que les médias doivent respecter. En délimitant ainsi leur propre champ, les journalistes se protègent d’ingérences politiques et sécurisent leur liberté d’informer. Les médias pourraient assurer leur rôle de « chien de garde » sans risques. Le conseil de presse agit aussi en tant que Père Fouettard. Si un journaliste venait à ne pas respecter les règles émises, une sanction serait prise. Il permet également d’améliorer les relations entre les journalistes et les publics des médias.

La France encore en retard

Le premier conseil de presse a vu le jour en 1916 en Suède. Depuis, de nombreux pays ont pris le même chemin. La Grande-Bretagne, l’Espagne, l’Italie, le Danemark ou la Belgique. La France, par contre, est à la traîne dans ce domaine. A ce jour, elle n’est toujours pas dotée d’un conseil de presse. Une situation qui trouverait son origine dans la complexité de créer un tel organisme. « En Norvège nous n’avons pas eu de problèmes pourtant », raconte Ivar Rusdal, président de la European Newspaper Publisher’s Association. Soucieux de combler ce manque, un groupe de journalistes a conçu en 2006 l’Association de préfiguration d’un Conseil de presse (APCP). Pour le moment, le Syndicat National du Journalisme (SNJ) et la CDFT Journalistes se sont prononcés en faveur de la création d’un tel organisme. Le secrétaire général de la FEJ, Ricardo Gutierrez, s’est engagé « à tout mettre en œuvre dans l’année à venir, pour la création d’un conseil de presse en France ». D’ici là, les journalistes français feront sans.

Giovanni Melogli, responsable des Affaires européennes pour l’Alliance internationale de journalistes, est revenu sur le conseil de presse.

Giovanni Melogli (à gauche) et Ivar Rusdal (à droite). crédit : Manon David

Giovanni Melogli (à gauche) et Ivar Rusdal (à droite). crédit : Manon David

Comment agissez-vous pour favoriser la création d’un conseil de presse en France ?

Est-ce préjudiciable pour la qualité de l’information française de ne pas avoir de conseil de presse ?

Manon David

Lhadi Messaouden

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2 réflexions sur “Le conseil de presse, nécessaire ou pas ?

  1. Bonjour,
    Il est objectivement très étonnant que les Conseils de Presse aient pu être présentés en ces termes lors des Assises. Leurs formes ne sont en effet pas figées et, la plupart du temps, elles incluent des « citoyens ». La présence de personnes extérieures au monde des médias est en effet une des conditions de l’efficacité de la structure. Sans elles, le spectre des cas étudiés se réduit drastiquement et les décisions perdent de leur pertinence (de l’avis même de nombreux analystes)…
    Le compte rendu que vous faites des échanges est objectivement inquiétant sur l’absence de dialogue avec la société civile, qui était semble-t-il il est vrai assez absente des Assises. La profession ne peut pas remédier au divorce sans instaurer une structure de dialogue. C’est l’avis officiel de plusieurs des personnes présentes sur la photo.
    Un projet est actuellement en cours de formalisation, celui d’un « Conseil de Presse (d’initiative citoyenne) » réunissant toutes les forces actives de la profession dans un esprit positif de dialogue. Il n’en a apparemment pas été question. Dommage!
    Nous avons recensé différents articles traitant du sujet dans le post de blog suivant, à commencer par un très intéressant mémoire sur le Conseil de Presse du Québec. Nous ne saurions trop vous inciter à les lire: « Un Conseil de Presse: éléments d’analyse, articles, sites… » http://blogs.mediapart.fr/blog/les-indignes-du-paf/030614/un-conseil-de-presse-elements-danalyse-articles-sites
    A suivre… Et merci, dans tous les cas, de vous battre pour la Qualité de l’information!
    Les Indignés du PAF/ Les amoureux de l’info

    J'aime

    • Bonjour,

      Nous avons également été surpris par cette absence de citoyens lors des débats. Les journalistes et les éditeurs étaient bien présents, aussi bien des les échanges que dans la description du possible conseil de presse français. Nous nous sommes intéressés à un manifeste que vous avez partagé, celui de Laura Bataille, sur le conseil de presse du Québec. Nous avons eu une discussion à ce sujet avec Guy Amyot qui est membre de ce conseil de presse.
      Nous espérons que la prochaine édition des Assises donnera une place plus importante aux citoyens, qui étaient tout de même présents mais en faible nombres.

      Cordialement,
      L’équipe du blog

      J'aime

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