Nouveau regard sur la presse people

En mettant en scène leur vie privée, les politiques ont attiré l’attention des médias people. L’image de ces derniers a complètement évolué, notamment chez les autres journalistes.

La presse people affiche une bonne santé économique. Crédit : Mathias Hubert

La presse people affiche une bonne santé économique. Crédit : Mathias Hubert

 

« Closer est un service public d’information ». Jean Quatremer, journaliste Europe pour Libération n’est pas avare en compliments à l’égard du magazine people. Ce dernier a été au cœur des débats de l’atelier intitulé « Respect de la vie privée, jusqu’où va le devoir d’informer ? » du 16 Octobre.

Hollande-Gayet, le tournant

« Cette affaire a démarré comme une autre. Un informateur nous a rapporté des bruits de couloir et l’enquête a suivi son chemin », raconte Laurence Pieau, directrice de la rédaction de Closer. Un moyen de rappeler que le travail d’un média people n’est pas si éloigné de celui des médias plus traditionnels. « Quand on a lâché l’information, il y a eu un flottement dans les grandes rédactions. Mais quelques heures après, tous les médias en parlaient », poursuit-elle.

Un avis que partage Bruno Jeudy, rédacteur en chef adjoint au JDD. « BFM m’avait invité pour réagir sur cette affaire. La gêne était présente en plateau. On m’a même demandé de lever le pied, de ne pas trop en faire » détaille le journaliste. Mais les journalistes ne devraient pas se brider. Si une telle affaire a éclaté, c’est avant tout la faute du Président de la République. « Les politiques ont mis en scène leur vie privée. Ils ont joué avec le feu », dénonce Bruno Jeudy.

La vie privée impacte la politique

« L’histoire avec Gayet n’a pas arrangé la situation de François Hollande. On a vu les conséquences aux élections suivantes », déduit Maître Basile Ader, avocat spécialiste en droit de la liberté de la presse. La vie privée ou sentimentale des politiques influencerait le vote des citoyens. Ce serait donc le devoir des journalistes de divulguer toutes les informations qu’ils possèdent sur la vie privée et intime et des politiques. « On vérifie l’information, son intérêt et on publie », résume Cécilia Gabizon, rédactrice en chef de Madame Figaro.

« Regardez Strauss-Kahn. Tous les journalistes savaient qu’il avait un problème avec les femmes mais ils n’ont rien dit. Quand l’affaire du Sofitel a eu lieu, les journalistes se sont pris une claque ! », s’exaspère Jean Quatremer. Les journalistes devraient donc diffuser toutes les informations susceptibles de changer le visage des hommes politiques auprès des citoyens. Reste que l’argument qui consiste à dire que la vie privée des personnes publiques devient de facto publique masque certainement des motivations économiques plus contestables. Si ces dernières sont parfaitement assumées par la presse people, elles le sont moins par les médias d’information générale et politique.

Lhadi Messaouden

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