Plus de médiateurs pour moins de défiance ?

Le lien entre le public et les journalistes est primordial. Pourtant, la défiance des citoyens à l’égard des médias ne cesse de croître. Pour régler ce problème, certains journalistes demandent l’augmentation du nombre de médiateurs.

Loïc Hervouët (centre) et Marie-Laure Augry (droite) sont pour l'augmentation du nombre de médiateurs. Crédit : Nicolas Richen

Loïc Hervouët (centre) et Marie-Laure Augry (droite) sont pour l’augmentation du nombre de médiateurs. Crédit : Nicolas Richen

« 1 français sur 2 s’informe plusieurs fois par jour », explique Marie-Laure Augry, la médiatrice de France 3 lors d’un atelier qui s’est tenu vendredi 17 Octobre. Alors qu’ils les consomment en grande quantité, les Français se montrent très critiques envers les médias. Selon un sondage Ipsos de Janvier 2014, 77% des français n’accordent pas leur confiance aux journalistes.

Une médiation existante…

« Notre rôle est d’avoir un œil critique sur la manière dont on travaille et la responsabilité qu’est la nôtre. Il faut gratter là où ça fait mal », décrit Pascal Galinier, médiateur du quotidien Le Monde. Le médiateur est « le premier porte-parole du lectorat », poursuit-il. L’objectif est d’assurer un lien, un échange entre les lecteurs et les journalistes. On peut presque considérer le médiateur comme un média à part entière.

« Les gens nous demandent des comptes : pourquoi adopter ce point de vue, pourquoi ne pas avoir traité ce sujet ou pourquoi user d’anglicismes », explique Bernard Stephan. En dépit de tous ces efforts, les lecteurs ne cesseront de se plaindre des médias. Notamment sur internet. « Le web a bouleversé le métier de médiateur. Nous recevons au moins 100 mails dans la journée, auxquels s’ajoutent une centaine de commentaires par heure », déplore Pascal Galinier. Les liens entre le public et les journalistes se seraient donc multipliés, mais paradoxalement ils semblent se détériorer, faute de ressources.

… mais à renforcer

Comment densifier ce lien ? Pour le Cercle des Médiateurs de Presse la solution passe par une augmentation du nombre de médiateurs, quand la tendance est plutôt à la diminution. « Ces dernières années, 15 postes de médiateurs ont disparu. L’Express et Le Parisien n’en n’ont plus par exemple », déplore Loïc Hervouët, journaliste de l’Année Francophone Internationale qui a animé l’atelier. « Les médiateurs sont également victimes de la situation économique », poursuit Marie-Laure Augry. Mais comment faire pour dépasser cet obstacle économique ? L’incitation fiscale pourrait être une piste. En réduisant les charges sociales, les entreprises de presse pourraient être plus réceptives à l’idée de créer un rôle de médiateur au sein des rédactions.

Cet avis ne fait pas l’unanimité. Pour Sophie Lecointe, chef du bureau du régime juridique de la presse, le rôle de médiateur doit être créé « à l’initiative des rédactions ». Certains médias vivent sans médiateur et semblent ne pas en pâtir. « A La Croix, nous n’avons pas de médiateur et pourtant le lien avec les lecteurs est fort », raconte Pierre-Yves Le Priol, secrétaire général du quotidien. L’absence de médiateur dans la rédaction pousse alors tous les journalistes à jouer ce rôle vis-à-vis de leurs lecteurs.

Les entreprises de presse sont réticentes à partager une charte commune de la médiation. Entre les partisans d’une loi obligeant les médias à se doter de médiateurs et les défenseurs d’autres modèles de médiation (qui restent toutefois à déterminer), le débat reste ouvert, encore et toujours.

Lhadi Messaouden

 

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