« Interprètes et journalistes : nous ne sommes pas si différents »

Les Assises du journalisme sont internationales. Ainsi, plusieurs interprètes se sont relayés durant les différents ateliers et débats pour assurer la traduction des intervenants étrangers. Rencontre avec Kristin Cairns, interprète chargée de la traduction de Scott Lamb, vice-président de Buzzfeed.

Katrin Cairs est interprète depuis plus de 10 ans. Crédit photo: Jérémy Satis.

Kristin Cairns est interprète depuis plus de 10 ans. (Crédit photo : Jérémy Satis)

Quel est votre parcours ?

Kristin Cairns : « Je suis américaine. Mon père travaillait pour l’ambassade des États-Unis, j’ai donc beaucoup voyagé et bien appris le français. J’ai ensuite étudié dans une école spécialisée pour devenir interprète. J’ai pu apprendre les techniques d’interprétation. Mais il faut arriver avec un niveau de langue déjà excellent puisque l’on ne travaille pas cela. Depuis 2003 je fonctionne en freelance (statut indépendant).

Quelles sont les exigences de votre métier?

Il faut énormément préparer le sujet, lire, se renseigner pour être prêt et constituer un glossaire adapté au sujet. Je passe près d’une journée à préparer mon sujet. Le but est de gagner du temps lors de la traduction. Il faut aussi savoir découper le discours des personnes tout en respectant la concordance des temps. Puis, il y a deux types d’interprétation: celle qui se fait en simultané en cabine comme au Parlement européen et celle qui est consécutive au discours comme j’ai pu le faire à Metz. Il faut trouver le bon débit de mots, bien articuler. Pour ça, j’écoute énormément la radio.

Kristin était aidée par une consœur qui traduisait du français vers l'anglais. Crédit photo: Jérémy Satis.

Kristin était aidée par une consœur qui traduisait du français vers l’anglais. (Crédit photo : Jérémy Satis)

Et ses difficultés?

Il y en a plusieurs. La principale est, pour moi, le stress de s’exprimer devant beaucoup de personnes ou des personnes ayant un certain statut. Il y a aussi le fait de savoir garder son sang froid, de bien synthétiser et surtout sans perdre trop d’idées et de mots. Le vocabulaire est souvent très technique. Si les phrases sont trop longues, nous devons noter des idées avec des symboles pour structurer notre traduction et respecter l’unité de temps. Chacun a ses propres symboles. Enfin, il y a tous les facteurs environnants à prendre en compte: les bruits parasites, les problèmes techniques, la superposition des voix, etc.

Quel regard portez-vous sur votre profession?

Traduire et reformuler les propos d’une personne c’est entrer en elle. Nous sommes donc souvent dans la tête de nos clients pour être le plus fidèle possible à leurs idées. On fait un peu de philosophie. J’apprends beaucoup de choses lors de mes traductions. La semaine dernière j’ai traduit des journalistes africains venus aux États-Unis pour un séminaire et c’était très intéressant. J’adore me cultiver. Au final, journalistes et interprètes, nous ne sommes pas si différents, on n’a pas de routine, beaucoup d’imprévus, nous allons à la rencontre de l’autre. Ce sont deux très beaux métiers. »

Propos recueillis par Elie Julien

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